Les Sculptures En Acier Jusqu'En 1965

               DE L’INVISIBLE A LA SCUPTURE

                                              
Mettre quelque chose là, ou il n’y avait rien, grâce à la nuit du masque qui place le sculpteur au milieu de l’univers, est le plaisir exquis et la nécessité impérieux qui hantent ma vie.  C’est dans la nuit des temps, précisément, lorsque deux choses, deux bouts de ferraille, se rejoignent que la transcription vers la clarté commence.  L’oubli derrière le masque est la paix absolue.  La présence, toute-puissante, de la flamme, de l’arc, - dangereux et bienfaisant à la fois – est le moyen par lequel l’acte final et fragmentaire de la création, maintes fois abordée et retournée par le rêve intérieur, est accompli.

        Fragmentaire….. Chaque acte s’accumule guider par un choix au début intuitif.  L’intégrité du geste est protégée par la joie, le masque et la flamme.  L’œil du jour est trop cruel pour affronter des enfantements ludiques.  La suite des fragments soudées forme une chaîne entre l’ancre et la bouée fragiles, traduction de l’amas d’impressions comprimées et inertes en construction visible.  L’œuvre se donne la peau et les os pour affronter cet œil du jour, lucide, autrement prisonnier de son regard rempli des réalités les plus hétéroclites.  En face de la vie historique et événementielle, la sensibilité s’était cachée, et avec elle la capacité d’ordonner l’avalanche pléthorique d’impressions que nous impose notre existence.

        Et quand il y a assez de fragments, ajoutées les uns aux autres, fiévreusement, les yeux mi-clos, un coup d’œil oblique, éclaircit ce qui demande à être exprimé.  À partir de ce moment, illusoirement apaisant, les rôles s’inversent, car l’œil du jour se fixe sur ce mirage d’objet ;  Il hésite un instant, et les gestes se ralentissent.  Comme le cheval face a son premier cavalier, le regard entrevoit sa servitude.  Il cherche à comprendre, à saisir.  Convaincu enfin par la réalité de cette existence a peine esquissé et appâté par l’urgence de la voir lisible et sienne, il oriente toute sa volonté à la tache devenue évidente.  Par sa présence, il impose des formes impliquées entre les deux, l’ancre et la bouée.  L’intuition écoutera l’œil froid du discernement, et la conjugaison des deux construira l’œuvre.  Cet œil, introduit dans l’intimité de ce devenir, ne pourra ni censurer ni rejeter, mais sera contraint d’adapter sa capacité critique à l’intérieur des termes formels dont les bases sont déjà présentes.  Unis à l’effort total, sa récompense sera de constater que la sculpture est achevée !

        Je me conçois comme un transformateur, exerçant une transformation de courant arrivant de l’extérieur, puis l’assujettissant à mes énergies propres venant de l’intérieur. Au début, je me suis concentré exclusivement sur l’organisation de mes courants intérieurs sans interjection de réflexion consciente. Que ce procédé ait eu pour résultat de créer un contact avec l’ »autre » était plutôt un événement fortuit qu’un objectif intentionnel. Certainement, il n’y a rien qui puisse empêcher la continuité de ce voile verbal protecteur, phénomène commun depuis quelques années.

        De ce corps à corps avec la matière émerge la sculpture.  En représentant l’organisation de mille impressions vécues elle offre un chemin à celui qui s’adresse à elle.  Acceptée, elle provoquera, par tangents et ricochets, le processus de la maturation et la libération des fausses contraintes, nécessaires pour acquérir une maîtrise de la vie intérieure.  Voilà la relation, la fonction que je vise, que je cherche à remplir dans ma vie de sculpteur.

                                                                                              Caroline Lee, sculpteur

L'Oiseau

La Fleur-1

La Fleur-2

Le Molusque

La Mer

La Femme Enceinte

Le Flic

L'Oiseau Dansant

La Fleur Du Mal

La Gargouille

Le Moustique

L'Enfant Oiseau

Le Scarabée

Le Cygne

L'Indien

Le Mobile Des Hexagones

   

La Tête

L'Oiseau Accroché