Les Sculptures En Aluminium Machine Outil

Les « pièces machines-outils » - faites sur plan d’après une étude en polystyrène et exécutées par fraiseuse et tour – illustrent la relation que j’entretiens avec le monde industriel. Je refuse la notion de déchets ou autres formes de dérision en tant qu’œuvre d’art par rapport à ces machines inventées pour pouvoir inventer.  Les « œuvres » anonymes produites grâce aux possibilités de ces machines, leur capacité à se reproduire elles-mêmes, font d’elles le cœur du monde industriel.  Pour moi, il s’agissait de rendre une expression qui en dépendait – un champ d’équivalence entre l’âme et l’utile, dont la beauté pouvait se dire égale, comme dans l’antiquité entre les ustensiles en pierre ou en terre, et les représentations des dieux …en pierre ou en terre.  Signer les rebuts signe la défaite de l’homme de l’esprit de l’homme devant les beautés impersonnelles des objets industriels, indigestes pour l’âme.

La signature – osée – d’objets, voire de procédés, anonymes se trouve chez Marcel Duchamp en premier, suivie par la signature des rebuts – objets détruits – par de nombreux autres.  L’amuse-gueule du rebut signé ne fait que réconforter l’homme dans son sentiment  d’impuissance personnelle face au rouleau compresseur dépersonnalisé de la production sur-industrialisée.  Surtout, cela permet qu’aucun effort ne soit fait, car l’artiste – celui qui devrait être l’équivalent du « héros » - n’en n’a fait aucun.

Et puis, il y a les clowns, ceux qui jouent avec le phénomène de produit impersonnel, pour en faire une « expression » impersonnelle, contradiction qui ne dérange nullement les artistes ayant joyeusement empruntés cette impasse, pour se trouver au pied de la stèle protectrice, à force de débit parolier, érigée par les usurpateurs de l’acte visuel pour les besoins de leur moulins à paroles, dont ils veulent le pouvoir absolu.   Ces clowns, ayant reçu l’autorisation de leurs aïeux de se libérer de la recherche laborieuse de leur maturité, en tant qu’artistes plasticiens, empruntent les vêtements faits à partir d’idées littéraires, spéculatives, en croyant fermement que le royaume de la réussite – confusion entre la mondaine et la créatrice – leur sera ouvert et ils arrivent à « représenter » ces idées littéraires à la satisfaction de ceux qui les ont « créées ».  Avec ce détournement de l’acte visuel, l’énorme sangsue, accessoirement écrivains, vide de sa substance un mode millénaire d’évolution et d’enrichissement spirituel.  Le paradoxe est que le monde est de plus en plus visuel…de la publicité aux clips, jusqu’aux films, dont celui de Robert Longo qui vient de sortir.

C’est la perversion de la beauté, sa trahison – car la beauté existe réellement dans les   objets industriels.  En ouvrant la boite de Pandore, Marcel Duchamp l’avait signalée, en fait, avec douceur.  Mais la production des objets représentant la perfection technique ne font que rappeler à l’homme son infinie imperfection, ses tricheries couvertes de sueur, ses blessures infectées, dont aucun désinfectant dit de distraction ne vient à bout.  C’est la visite des Dieux aux Damnés.  Nous n’en avions aucunement besoin.  En avalant la pilule de la perfection technologique, sans contenu spirituel, voire personnel, aucun propos de la personne de l’artiste adressé par ces moyens exigeants à la personne qui reçoit l’œuvre, il y a, chaque fois, la perte d’un autre lien.  L’espérance palit de trouver quelque part les liaisons permettant l’existence du « moi » tant soit peu maitre de sa vie intérieure, dans la vaste pléthore d’inventions consacrés entièrement aux notions de productivité et de rentabilité.

Androgene

Projectile

Couple IV

Couple V

L'Oiseau Emprisonné

Les Pensées

Hibou Glisseur

Déesse Du Soleil

Le Bourget

Magee

The Pilot

Vol Pour Byzantium

La Femme Enceinte

Le Cisailleur

Engin Pret

Le Soldat

La Certitude

Garde A Vous

Napoléon

S1-11 Les Esquises

   

S1-11 Les Esquises

S1-11 Les Esquises